Dimanche des Rameaux 2020

Aujourd’hui est le Dimanche des Rameaux et c’est la première fois que nous devons célébrer ce jour de cette façon : on ne brandira pas de palmes, il n’y aura pas de procession , on ne chantera pas « Hosanna » ! Cependant je vais bénir des palmes et vous pourrez en prendre une ultérieurement quand nous pourrons à nouveau nous réunir.

L’Evangile du jour – Matthieu 21.1-11

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant: «Allez au village qui est devant vous: vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et un ânon avec elle: détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez: « Le Seigneur en a besoin », et il les laissera aller tout de suite». Cela est arrivé pour que s’accomplisse ce qu’a dit le prophète: Dites à la fille de Sion: Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une bête de somme. Les disciples s’en allèrent et, comme Jésus le leur avait prescrit, ils amenèrent l’ânesse et l’ânon; puis ils disposèrent sur eux leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus. Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant lui et celles qui le suivaient, criaient: «Hosanna au Fils de David! Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient! Hosanna au plus haut des cieux»! Quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi: «Qui est-ce»? disait-on; et les foules répondaient: «C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée».

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“Christ sur un âne” , Augustiner Museum,Freiburg

Quelques réflexions pour le jour des Rameaux

Cette sculpture du Christ sur un âne date du XIVème siècle. Elle vient de Niederotweil près de Breisach am Rhein. Originellement elle était utilisée pour les processions du Dimanche des Rameaux.

Elle nous raconte l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, partagée par des milions et des millions de Chrétiens dans le monde entier depuis 2000 ans. Rien n’empêchera cette histoire d’être racontée, partagée et méditée : ni les guerres, ni les famines, la peste ou le coronavirus. La vérité du Christ éclatera chaque jour, chaque dimanche dans le monde entier « on line » ou physiquement., exactement comme cette sculpture du Christ sur l’âne a fait son parcours triomphant lors de la procession du Dimanche des Rameaux au XIVème siècle.

Ce n’est pas la première fois que l’Eglise n’a pas pu se réunir publiquements pour ses célébrations. Si vous êtes allés à Rome vous avez peut-être visité les catacombes où les Chrétiens célébraient en secret au temps des persécutions. Dans l’Europe de l’Est les cultes chrétiens étaient plus ou moins interdits au temps du communisme. Des églises et des villes ont été bombardées, le monde a été bouleversé mais les cultes et les prières de l’Eglise n’ont jamais cessé et ils ne s’arrêteront pas maintenant !

Mais regardez à nouveau cette sculpture ! Que voit-on de triomphant dans Jésus ? Même l’âne a l’air désemparé et misérable de porter Jésus pas à pas sur le chemin de la croix.

Les Evangiles nous disent que de grandes foules l’acclamaient ; qu’ils jetaient par terre leur manteau pour que l’âne du grand Roi marche dessus ; qu’ils agitaient des palmes en l’honneur de celui qui vient au nom du Seigneur ! Voici le Messie, celui que sauve, le vrai Roi d’Israël et du monde, et pourtant Jésus a l’air de tout sauf d’un roi !

Nous aussi nous désirons la venue d’un grand héros qui agiterait sa baguette magique et nous débarrasserait du coronavirus. Comme cette foule nous aimerions voir un grand et puissant sauveur qui mettrait un terme à  tout cela.

Regardons de nouveau la figure du Christ et son regard dans cette sculpture. Il ne prête pas attention à la foule, il ne prend pas plaisir à son succès, il ne salue pas ceux qui l’acclament, mais il garde plutôt ses yeux baissés, comme s’il était ailleurs, dans une sorte de rêverie.

Dans son livre « The Road to Daybreak » le prêtre catholique Henry Nouwen médite sur ce qu’il voit dans le visage de Jésus :

« Il y a de la mélancolie, mais aussi une acceptation paisible. Il y a une compréhension  de la versatilité de la nature humaine, mais aussi une immense compassion. Il y a une profonde conscience de l’horrible souffrance à venir mais aussi une détermination à faire la volonté de Dieu. Par-dessus tout il y a l’amour, un amour sans fin, profond et débordant, né d’une intimité indéfectible avec Dieu et qui s’étend à tous les peuples, où qu’ils soient, étaient ou seront ».

En ces temps incertains et préoccupants l’amour de Jésus pour son Père et pour tous les peuples de toutes les nations se répand de nouveau sur nous et nous rencontre là où nous sommes. Il nous voit et voit le monde tel que nous sommes : troublés, apeurés, pêcheurs. Il n’y a rien qu’il ne voie ou sache et pourtant le visage du Christ nous rappelle qu’il nous regarde avec amour, compassion et miséricorde. C’est l’amour du Christ pour le monde qui guérit, non seulement nos cœurs craintifs, mais le monde.

Le monde est loin d’être parfait et nous-mêmes sommes loin d’être parfaits. Nous sommes comme ceux qui agitaient des palmes et accueillaient Jésus avec des cris de louange mais se sont détournés de lui et criaient « crucifie-le » très peu de temps après. Ce n’est pas pour nous condamner mais pour bien montrer que Dieu nous rencontre non seulement quand nous sommes faibles et vulnérables mais aussi quand des réactions de panique s’installent en nous et quand la conduite des humains est loin d’être admirable. Aujourd’hui nous voyons des réactions de panique et de racisme, nous commençons à voir des groupes criminels qui s’adaptent à la pandémie. Mais c’est cela la raison de la Passion du Christ ! Jésus est venu dans le monde : pour les bons, pour les mauvais et pour tous ceux qui sont entre les deux.

Ne doutez pas que Jésus est ici avec le monde dans cette crise ; avec ceux qui recherchent le bien et ceux qui ne le recherchent pas. Il est ici, il chemine avec nous avec un  amour et une compassion que l’on ne peut mesurer et c’est par sa vulnérabilité qu’il sauvera un monde très vulnérable rempli de personnes très vulnérables. Amen.

Une prière pour le Dimanche des Rameaux

Dieu tout-puissant et éternel

qui dans ton tendre amour pour la race humaine

as envoyé ton Fils notre Seigneur Jésus-Christ

pour revêtir notre chair

et pour souffrir la mort sur la croix:

donne-nous de suivre son exemple de patience et d’humilité,

et aussi de devenir partenaires de sa résurrection;

par Jésus-Christ ton Fils notre Seigneur,

qui vit et règne avec toi,

dans l’unité du Saint-Esprit,

un seul Dieu, maintenant et pour toujours. Amen

Musique pour vous aider dans votre méditation

Fauré : Après un rêve (Gautier Capuçon violoncelle / Samuel Parent piano)

Ubi Caritas de Ola Gjeilo

 

Dans la prière de communion,

Curé Christine