Pentecôte

Saint Bruno de Segni (vers 1045-1123), évêque
Commentaire de l’Exode, ch. 15 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, vol. 2, p. 78)

De la Pentecôte juive à la Pentecôte chrétienne

Le mont Sinaï est le symbole du mont Sion… Remarquez à quel point les deux alliances se font écho l’une à l’autre, avec quelle harmonie la fête de la Pentecôte est célébrée par chacune d’elles… Sur la montagne de Sion, comme sur la montagne du Sinaï, le Seigneur est descendu, le même jour et de manière très semblable…

Luc a écrit : « Soudain il vint du ciel un bruit pareil à un violent coup de vent. Les apôtres virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et se posa sur chacun d’eux » (Ac 2,2-3)… Oui, ici et là, un bruit violent se fait entendre, un feu se fait voir. Mais au Sinaï c’était une épaisse nuée, sur le mont Sion la splendeur d’une lumière très brillante. Dans le premier cas il s’agissait « de l’ombre et de la figure » (Hb 8,5), dans le deuxième de la réalité véritable. Autrefois on entendait le tonnerre, maintenant on discerne les voix des apôtres. D’un côté, l’éclat des éclairs ; de l’autre des prodiges éclatent en tous lieux…

« Tous sortirent du camp à la rencontre de Dieu, au pied de la montagne » (Ex 19,17). On lit dans les Actes des Apôtres : « Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule »… De tout Jérusalem, le peuple se rassembla au pied de la montagne de Sion, c’est-à-dire au lieu où Sion, figure de la sainte Église, commençait à s’édifier, à poser ses fondations…

« La montagne était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu », dit l’Exode (v.18)… Pouvaient-ils ne pas brûler, ceux qu’avait embrasés le grand feu du Saint Esprit ? Comme la fumée signale la présence du feu, ainsi par l’assurance de leurs discours et par la diversité des langues, le feu du Saint Esprit manifestait sa présence dans le cœur des apôtres. Heureux les cœurs remplis de ce feu ! Heureux les hommes brûlant de cette ardeur ! « La montagne tremblait violemment. Le son de la trompette était de plus en plus strident » (v.19)… De même la voix des apôtres et leur prédication devinrent de plus en plus fortes ; elles se firent entendre de plus en plus loin jusqu’à ce que « leur message s’étende à toute la terre et leurs voix jusqu’aux extrémités du monde » (Ps 18,5).

Psaume 104,1.24.29-30.31.34.

Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence,
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens.
Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.
Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur.

 

Source : L’Évangile au Quotidien
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
Eucharistie sacrement de la miséricorde

Parole de vie

Matthieu 24

5 (Tandis que Jésus et ses disciples sortent du temple de Jerusalem,) des gens parlent du temple et disent: «Il est magnifique, avec ses belles pierres et les objets offerts à Dieu!»

6 Jésus leur répond: «Vous voyez tout cela : eh bien, un jour viendra où tout sera détruit. Il ne restera pas une seule pierre sur une autre.»

7 Ils demandent à Jésus : «Maître, quand est-ce que cela va arriver ? Comment allons-nous le savoir ? »

8 Jésus leur répond : (…) Vous allez entendre parler de guerres et de révolutions, ne soyez pas effrayés. Oui, tout cela doit arriver d’abord, mais la fin ne sera pas pour tout de suite.» (…)

11 Il y aura de grands tremblements de terre, et, dans plusieurs régions, il y aura la famine et de graves maladies. On verra des choses terribles dans le ciel, et les gens auront très peur.» (…)

13 Alors vous pourrez être mes témoins.(…)

18 Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.

19 Résistez ! C’est ainsi que vous sauverez vos vies.»

Wer nur den lieben Gott läßt walten (Celui qui laisse Dieu régner sur sa vie), (BWV 93), est une cantate religieuse de Johann Sebastian Bach composée à Leipzig en 1724. En savoir plus

Ascension 2020

(c) GettyImage – Ascension du Christ (Luc 24, 51), chromolithographie, publié en 1886 – Illustrations

Cher·e·s lecteur·trice·s,

Habituellement, le jour de l’Ascension, les paroisses catholiques chrétiennes de la Suisse romande le passent ensemble. Les circonstances actuelles font que la « Journée Romande » était annulée. Nous espérons que l’année prochaine, nous pourrions à nouveaux tous fêter l’Ascension collectivement.

Prière

Notre fête de ce jour
monte vers Toi, Dieu notre Père.
Tous nos silences,
nos chants et nos paroles,
sont tendus vers Toi
et participent à la louange
de toute la création.
Tu as rappelé à Toi
Ton Fils Jésus-Christ
par qui nous fut donné
Ton Salut.
Il retourne aujourd’hui
partager ta gloire.
Dans ce mouvement
Qui l’entraîne avec Lui,
pour que soit donné
Ton souffle à notre humanité.
Ainsi nous pénétrons
dans le mystère de ton Fils.
Nos yeux ne peuvent plus voir,
mais nous savons que son retour
est déjà commencé ;
Sa disparition crée en nous
le vide de l’amour,
Mais nous savons que par notre amour
nous lui redonnons son visage.
Par cet amour nous demeurons en Lui
et par lui nous demeurons en toi.
Il nous rassemble en ce jour
Et c’est par son Esprit
Que notre communion acclame Ta gloire.

Prière extraite du livre « Reste avec nous » de François Chagneau

Une prière d’un travailleur inconnu

En ces jours de déconfinement et de reprise de travail pour beaucoup de secteurs, voici une prière d’un travailleur inconnu, inspirée du Psaume 23.

Dieu me donne
mon rythme de travail
Je n’ai pas besoin de me stresser.
Il me donne toujours une plage de repos,
Un moment de calme pour que je me ressource.
Il me permet de méditer sereinement,
Et la patience guide ma vie.
Souvent il laisse des événements me contrarier,
Mais je garde ma confiance en Dieu
Et mon cœur reste paisible.
Bien que j’aie beaucoup de travail
Il m’évite d’être submergé.
Il est là à chaque heure et dans toutes choses
Et ainsi tout perd sa force menaçante.
Souvent, au milieu d’une difficulté,
Il m’envoie une idée qui me redonne du courage,
Ou quelqu’un qui me propose une aide.
Je me sens alors au calme et en sécurité:
J’apprécie à quel point cela me donne des forces,
Je suis comblé et j’arrive au bout de mon travail.
Je sais que Dieu me suit pas à pas.
Je suis toujours chez moi dans sa maison.

Le désert

Matthieu 4,1

L’Esprit Saint conduisit Jésus dans le désert, pour qu’il y soit mis à l’épreuve par le diable.

Jésus ici vit 40 jours et nuits désertiques, sans vivre la tentation. Quand on lit ce verset, on le saute très vite et on s’intéresse seulement à la suite ! Or le Christ a dû vivre bien des choses durant ces 40 jours, et des choses très importantes même si elles ne sont pas racontées. En effet, ce qu’on ne dit pas ou qu’on ne peut pas dire – l’in-dicible – compte souvent même plus que ce qu’on dit !Il n’y a qu’à penser au langage non-verbal qui pèse beaucoup plus que le langage verbal dans la communication… Donc nous devons nous arrêter sur ce silence du texte,qui dure plus d’un mois, par les questions suivantes : que se passe-t-il en moi dans le désert, hors de toute éventuelle tentation ? car il se passe des choses en nous dans le temps du silence ! Comment est-ce que j’habite, j’occupe, je vis, je donne sens à mes déserts ?

Le thème du désert est donc un thème et une expérience en soi, indépendamment de toute tentation qui représente une autre étape non obligatoire.Dans les évangiles, on voit d’ailleurs d’autres fois Jésus volontairement se retirer à l’écart, dans une forme de désert, pour prier seul.Et dans le même sens, ce n’est pas pour rien que certains Pères de l’Eglise Ancienne ont couru au désert en devenant des ermites, au lieu de le fuir : ils avaient compris qu’il y a là dans ce contexte quelque chose de beau et de fort à vivre, en confrontation avec soi-même. Le contexte du désert donne à cette confrontation toute sa densité et sa force.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si on utilise l’image du désert comme occasion spirituelle. C’est le lieu de tous les extrêmes : chaud extrême le jour, froid piquant la nuit, solitude, silence et dénuement, qui nous mettent à nus devant Dieu. Et c’est bon de se retrouver parfois consciemment nu devant Lui …

En ces temps de confinement désertique dû au coronavirus, nous vivons de nouvelles extrêmes,par exemple:prendre soin des autres (les personnes vulnérables) ET craindre les autres (l’autre peut me donner le virus et donc la mort) EN MÊME TEMPS, qui de nous avait vécu cela à ce point-là ?

C’est un moment de vérité capital, sur le plan humain et spirituel, que de vivre la vulnérabilité à ce point…Alors, que se passe-t-il en moi à cette occasion ? Comment est-ce que j’habite, j’occupe, je vis, je donne sens au désert relationnel, et/ou au désert de la vulnérabilité ? Oui, aujourd’hui, nous sentons mieux que d’ordinaire l’impact d’un contexte désertique et extrêmes sur nos vies.

Prière
Seigneur,je suis dans un désert que tu connais. Tu sais le bien et le mal que cela me fait… Je comprends que ce temps compte, qu’il est là pour quelque chose. Aide-moi, nu,à t’accueillir dans ce désert, à accueillir la vie d’une manière nouvelle, et à rester dans la paix intérieure face aux autres. Amen.
source : paroisse protestante de Bellevaux – St Luc

Seigneur Jésus,…

Seigneur Jésus, passé par notre mort, par toutes nos morts, et à jamais vivant avec nous, loué sois-tu !
Seigneur Jésus, toi qui nous salues, comme tu as salué les femmes au matin de Pâques et qui nous accueilles tels que nous sommes, avec nos oscillations entre le doute et la jubilation,
Seigneur Jésus, toi qui nous dis : « Ne craignez pas » quand il faut faire face aux angoisses de l’existence, parce que tu les as affrontées et que tu sais que le dernier mot est à la vie, loué sois-tu !
Seigneur, dans un monde où tout se monnaye, éveille-nous à la gratuité. Que nous aimions travailler ces valeurs non marchandes qui fondent la vérité des relations, la force des convictions, la qualité du bonheur.
Seigneur Jésus, toi dont la résurrection écarte les pierres de nos cœurs, et fonde une folle espérance que tu nous demandes de partager avec tous, loué sois-tu !

(Prière du Carmel de Mazille)

Méditation biblique

Edit de Nantes (1685)

Le confinement de nos pratiques religieuses que nous vivons n’est pas nouveau !

Matthieu 6,6 confine notre prière comme un culte personnel que l’on vit sans dimension publique : « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans ce lieu secret ».

Matthieu 18,20 confine le culte à 2 ou 3 personnes (proche du maximum de 5 autorisé aujourd’hui !) : « Là où 2 ou 3 sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

J’ai pensé à d’autres moments de confinement religieux dans l’histoire, par ex. au temps des Huguenots après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). Les chrétiens français d’alors n’ont pas internet pour célébrer des cultes virtuels à distance ! Ils doivent revenir en toute simplicité aux paroles de Jésus : principalement à la maison, prier et lire la bible seul, en famille ou en nombre très réduit. Au lieu d’être spectateur-consommateur de cultes vidéos(internet) ou télévisés, pourquoi ne pas profiter de l’occasion imposée par le coronavirus pour développer la vie spirituelle personnelle à la maison ? Seul, et/ou en famille et/ou à 5 maximum (quelques voisins ou amis), lire la bible et d’autres livres édifiants, prier, chanter voire échanger.

Je connais une famille qui le fait : chaque dimanche, au lieu de dépendre d’un pasteur derrière un écran, au salon ils chantent, lisent un texte biblique, échangen tlibrement et prient en partageant des sujets personnels. En semaine, 2 enfants aiment lire la bible en entier sur 1 an, tandis qu’un 3e s’est mis à lire un ouvrage de théologie. Régulièrement, ils posent des questions bibliques ou de foi à leurs parents, qui peuvent répondre ou chercher des réponses. Un des enfants a décidé de communiquer ensuite ses découvertes à ses amis, pour les enrichir.

Bref, on vit la foi et on se forme en étant acteur soi-même, sans avoir besoin d’un bâtiment-église, d’un spécialiste-prêtre ou d’une liturgie toute faite pour avancer… Cela vaut mieux que d’attendre passivement que les services religieux publics reprennent.

Seigneur, c’est si difficile d’être enfermé, confiné.

Aide-moi, seul ou avec quelques-uns, à entrer dans ma chambre intérieure, là où tu es et où tu m’attends.

Amen.

Didier Wirth, pasteur EERV